Mad World

Des morts, il y en a tous les jours. Les causes sont multiples, innombrables, souvent inévitables. On se fait une raison, c’est la vie. On continue à mener la sienne, on se retourne le moins possible. La mort au quotidien, on a fini par l’accepter.

Mais il y aussi la mort incompréhensible, injuste, révoltante, quand une personne, pour résoudre ses problèmes, s’en prend à des innocents, va jusqu’à tuer des adolescents, des enfants, voire de tout jeunes bébés. Qui se trouvaient au mauvais endroit, au mauvais moment, qui avaient la vie devant eux, qui avaient encore le temps de profiter de l’insoucience de leur jeune âge.

Vies gâchées dans un monde de fous.

Merci aux journalistes de la VRT pour ce très bel hommage.

Sorry – Zoran Drvenkar

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L’action se passe à Berlin. Quatre amis, la trentaine, sont sans emploi et décident de se retrousser les manches. L’un d’eux a une idée : créer une agence qui se chargerait de s’excuser à la place des autres. Service rémunéré, bien entendu. Au début, tout va bien. Les clients sont des patrons qui ont licencié du personnel, ce genre de choses. Mais cela ne pouvait évidemment pas durer, et l’auteur plonge avec malice ses personnages dans une intrigue où le glauque le dispute au violent.

Thriller efficace, personnages fascinants, structure narrative originale, belle traduction française (l’original est en allemand)… Sorry se dévore page après page, sans oublier de laisser une place de choix à la qualité littéraire.

À lire !

Vin sur vin – Liège

Quoi de mieux qu’un bon gueuleton pour se remettre d’une journée bien pourrie ? Mercredi soir, nous nous sommes retrouvés sans rien dans le frigo, et, vu l’heure tardive, les magasins étaient fermés. Qu’à cela ne tienne, la place du Marché toute proche regorge d’honnêtes gargotes qui n’attendaient que nous.

Nous avons porté notre choix sur le Vin sur vin, un bon petit restaurant installé dans une vieille maison rénovée avec goût. Jugez plutôt :

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Plutôt cosy, non ? La carte comprend de nombreux plats de brasserie (boulets, jambonneau, côte à l’os…), d’autres plus typiques. En entrée, Romu a pris les noix de Saint-Jacques aux chicons, sauce au noilly-prat, tandis que je tentais le foie gras poêlé à la liégeoise (poires rôties, coulis de sirop de Liège, cramique) : un régal ! En plat, les traditionnels rognons à la liégeoise pour tous les deux, un grand classique, toujours un vrai bonheur.

Et en dessert, me direz-vous ? Crème brûlée pour lui, délice à l’orange pour moi. Très bon, une fois de plus.

L’adresse, qu’elle est bonne :
Vin sur vin
Place du Marché, 9
4000 Liège
Tél. : 04/ 223 28 13
Site Internet

Où croûter à Amiens ?

Certaines villes, on passe à côté des dizaines de fois en revenant de vacances et on ne s’y arrête jamais. Et c’est dommage. Prenez Amiens, par exemple, il y a une superbe cathédrale et on peut y visiter les hortillonnages. Ce serait franchement dommage de passer à côté.

Et quitte à y rester un jour ou deux, autant en profiter pour se taper la cloche, non ? C’est ce qu’on s’est dit avec Romu. Alors, hop, deux adresses qu’elles sont bonnes, chers amis et néanmoins lecteurs…

Tout d’abord, Le Porc Saint Leu, petit restaurant spécialisé dans les préparations au cochon. En entrée, un croquant de jarret de porc pour Romu et une ficelle picarde pour moi. En plat, une entrecôté à la moelle pour lui et un cochon de lait grillé pour moi. Ajoutez un petit sorbet (bon, OK, j’ai pris trois boules) en dessert, et le bonheur est complet.

Le lendemain, rebelote au T’chiot Zinc, sympathique petit troquet à la mode d’antan : décor et musique vous renvoient dans la France de vos grands-parents ! Après des escargots en entrée, Romu a pris un tournedos au Maroilles, moi une entrecôte marchand de vin. En dessert, un sorbet copieusement arrosé de cointreau et le tour était joué. Ne restait plus qu’à digérer !

Tripaille de chenille lubilis de gomo gandje !

Alors que j’allais au festival de St Malo pour clôturer en beauté et en bonne compagnie ma “carrière” de chroniqueur, j’ai subi un lobbying aussi intense qu’éhonté pour que je chronique L’armure du Jakolass, une aventure du pauvre Valérian jeté en pâture à l’humour imbibé de Manu Larcenet.

Je vous livre ici le résultat de cet ultime tour de piste, avant de fermer définitivement la porte du salon des chroniqueurs, non sans un petit pincement au coeur…

valérian

L’armure du Jakolass aurait aussi bien pu s’appeler Valérian chez Francisque. Certes, le fan de l’agent spatio-temporel créé par Christin et Mézières en aurait eu quelques sueurs froides, mais au moins aurait-il été préparé au tour joué par Manu Larcenet à son héros adoré.

Avec la bénédiction des pères spirituels de Valérian et Laureline, l’auteur du Combat ordinaire et de Bill Baroud, entre autres, est le premier à revisiter l’univers de cette série de référence en matière de science-fiction. Si le décalage est évident, le respect pour l’œuvre originale l’est tout autant. Entre délires éthyliques et missions aux enjeux plus que sérieux, blagues de potache et inventions dignes des meilleurs épisodes de la série, Larcenet trouve le juste équilibre, imposant sa marque sans se complaire dans le simple pastiche. En effet, tandis que le personnage de Valérian est malmené comme jamais auparavant, les autres sont fidèles à eux-mêmes, d’un Monsieur Albert au calme olympien à une Laureline délicieusement sauvageonne, en passant par des Shingouz au meilleur de leur forme, c’est-à-dire roublards comme personne et gentiment gaffeurs.

Ce genre de série parallèle peut parfois être considéré comme un travail de commande – il y a des précédents fâcheux – mais Larcenet fait montre d’une rigueur qui ne se dément pas et qui transparaît avant tout dans un dessin soigné aux petits oignons. Si les trognes des acteurs relèvent parfois de la caricature, les décors et autres visions intersidérales ne dépareilleraient pas dans un album à la tonalité plus sérieuse. L’auteur impose une ambiance oppressante qui, malgré la légèreté des dialogues loufoques qui ponctuent jusqu’aux scènes les plus réalistes, permet à l’intrigue de conserver toute sa crédibilité.

En fin de compte, L’armure du Jakolass est à la fois le meilleur Valérian paru depuis longtemps, rappelant l’âge d’or de la série, et un Larcenet du meilleur cru. Incontournable.

(Chronique initialement parue sur www.bdgest.com)

Nun’s – Liège

Je suis récemment retourné avec Romu dans un resto que l’on considérait tous les deux comme l’un des meilleurs de Liège, le Nun’s. Il faut dire qu’il avait tout pour plaire : un décor sublime dans le centre historique de la ville et une carte qui se décline en deux parties, l’une continentale et l’autre asiatique. C’est notamment cette dernière partie qui nous avait laissé un excellent souvenir, avec des mets raffinés et originaux à la fois.

Or, cette fois, quelle ne fut pas notre déception en découvrant les plats : relativement fades, n’ayant en tout cas rien d’exceptionnel, et servis avec une maladresse qui confine à la faute professionnelle par une serveuse manifestement à côté de ses pompes.

Peut-être la partie continentale a-t-elle conservé un charme supérieur, mais je ne suis pas sûr d’y retourner un jour pour le constater de visu. Ah, cruelle et amère déception !

Un homo, comme ils disent

Être homosexuel, c’est d’abord une incompréhension, une série de questions sans réponse. Pourquoi est-ce que je ne me retourne pas forcément en rue quand passe une jolie fille, alors que les autres ne pensent qu’à ça depuis l’école primaire ? Pourquoi ce visage masculin me reste-t-il en mémoire, beau, élégant, tandis que ceux de la gent féminine ne laissent en moi qu’un souvenir fugace ? Pourquoi cette distance entre moi et ceux de mon âge, dans une adolescence sacrifiée au nom de la découverte de soi ? Pourquoi ces regards en coin lorsque, perdu, je fuis le monde pour me réfugier en moi-même ?

Être homosexuel, c’est accepter que ces questions sont vaines, c’est se rendre compte que cette différence, si innocente soit-elle, peut être synonyme d’opprobre, de honte, de rejet. C’est parvenir, enfin, à mettre un nom dessus : homosexualité. Un nom clinique, qui ne rend pas compte des sentiments qu’il recouvre, mais dont il faut user, faute de mieux.

Être homosexuel, c’est une révélation, une découverte, une acceptation tant repoussée, une résignation, devrais-je dire, une chute, un abîme qui s’ouvre sous mes pieds. Sentir s’effondrer les barrières érigées au long de ces années de refoulement, se retrouver nu, seul, face à un monde qu’on imagine hostile. Ne plus supporter le regard de l’autre, avoir peur de la vérité, cette vérité qui dérange tout le monde, et moi le premier. C’est se retrouver devant un miroir et y voir un étranger, ne plus se comprendre soi-même, ne plus se reconnaître. C’est avoir honte, aussi, honte de toutes ces envies, ces désirs impossibles à combattre.

Être homosexuel, c’est se retrouver seul face à quelque chose qu’on ne connaît pas. C’est devoir se construire une perspective d’avenir, renier tout ce qui nous a été inculqué par une vie d’éducation familiale et scolaire. C’est créer soi-même les repères qui nous permettront de grandir, sans pouvoir se confier, sans pouvoir se faire aider.

Être homosexuel, enfin, c’est une sortie de placard perpétuelle, c’est invariablement rejouer la même scène : oser se montrer tel qu’on est, guetter la réaction de l’autre, laisser passer ce petit moment de gêne où personne ne sait quoi dire, puis, lorsque tout se passe bien, se rassurer et se dire qu’on a été stupide de douter, que tout allait bien se passer. C’est aussi le souvenir douloureux du jour où on va trouver ses parents pour leur dire papa, maman, j’ai rencontré quelqu’un, un homme, on s’aime et on veut passer notre vie ensemble. C’est voir les larmes de ma mère et les reproches de mon père pointer sur leur visage, voir la peur et l’incompréhension affleurer, c’est devoir se justifier. Mais comment justifier d’un sentiment ? C’est finalement, douloureusement, voir la déception dans les yeux des personnes qui comptent le plus. Une déception qui finira par disparaître, bien sûr, ou en tout cas par s’effacer derrière le bonheur de voir leur fils heureux, mener sa vie, mais une déception qui fait mal.

Mais ce n’est pas tout…

Être homosexuel, c’est aussi la joie et la fierté d’être soi-même, c’est le plaisir de se découvrir tel qu’on est vraiment, c’est trouver chez quelqu’un l’écho de ce qu’on éprouve au fond de soi, c’est le plaisir incomparable de goûter au fruit défendu. Un peu comme quand, gamin, on lorgne sur cette magnifique et onéreuse peluche pendant des mois, on a fini par faire une croix dessus, puis on la découvre au pied du sapin un soir de Noël. Accepter son homosexualité, se glisser pour la première fois dans les bras d’un garçon, embrasser ce visage si longtemps désiré, c’est se dégager de toute pression, regarder le monde en face et lui dire merde, goûter à un bonheur qui est d’autant plus beau qu’il était difficile à décrocher. C’est se créer un avenir radieux, en ne devant rien à personne, au moment où on pensait que tout était fini.

Être homosexuel, c’est quelque chose dont on se serait bien passé au départ, mais qu’on finit par chérir plus que tout. Ce n’est pas ce qui me résume, je suis bien plus que cela, mais c’est ma particularité à moi, le secret qui m’appartient et que je partage avec qui je veux.

Un petit sourire, peut-être ? Non ?

La piètre qualité du service, à la SNCB, ça continue quand on descend du train. Jugez plutôt.

J’arrive donc à la gare, et me voilà pris d’un besoin pressant que Dame Nature, cette petite garce, m’impose sans prévenir. Soit, je me rends donc au lieu d’aisances. Je prépare ma monnaie (40 cents, tout de même) et la dépose dans la coupelle de la traditionnelle Madame Pipi, sentinelle inflexible de ce havre de paix au milieu de l’agitation toute ferroviaire. En partant, déjà dépité par le mauvais fonctionnement des appareils parait-il destinés à se sécher les mains, je m’apprête à m’en aller en gratifiant la gente dame d’un au revoir jovial.

Et là, c’est le drame ! Elle me fixe avec les yeux emplis de haine, tordant son faciès en une expression d’indicible mépris, pour me demander d’un ton méchant si j’ai payé mon écot. Ma foi, rétorquai-je, oui, j’ai payé en entrant, devant vous. Ah oui, c’est vous qui avez mis 20 cents. Ce n’est pas assez, c’est 40. Mais j’ai mis 40 cents, et je n’en démords pas, précisant au passage que c’était d’ailleurs fort cher, vu le service et l’accueil reçus. La grognasse reste coite, mais sans se départir de son regard féroce et aigri. Je tourne donc les talons et prends la poudre d’escampette, ayant autre chose à faire que de servir de défouloir à cette furie.

Non contente de me faire perdre un temps fou, la SNCB, par l’entremise de ses sympathiques employés, m’accuse donc en plus de resquiller dans les toilettes publiques. On aura tout vu !

Des livres, en veux-tu ? En voilà !

Ma collègue néerlandophone m’a demandé la semaine passée si je pouvais lui conseiller des livres d’écrivains francophones. C’est difficile de dresser une liste sans vraiment connaître la personne et ses goûts, mais, en fouillant dans ma bibliothèque, j’ai retenu cette liste-ci, en espérant qu’elle y trouvera son bonheur. Et tant qu’à faire, pourquoi ne pas la publier sur mon blog ? Je vous le demande… Donc, hop, liste absolument pas exhaustive de bouquins intéressants. À mon goût, du moins :-)

L’étudiant étranger (Philippe Labro)
Un étudiant français passe une année dans une université de Virginie. Il découvre le mode de vie américain, différent de ce qu’il a connu en France.
Il existe une suite, Un été dans l’Ouest.

La mort est mon métier (Robert Merle)
Le livre retrace la vie de celui qui fut chargé de mettre en place la « solution finale ». Du même auteur, on peut lire Malevil, récit d’une petite communauté, retranchée dans un château, qui tente de continuer à vivre après une catastrophe atomique.

Le coup de lune (Georges Simenon)
Simenon est surtout connu pour les enquêtes du commissaire Maigret. Ici, c’est un peu différent. Le personnage principal quitte l’Europe pour le Gabon, où il découvre une vie différente, plus difficile, angoissante. Dans un autre genre, et du même auteur, on peut lire Les inconnus dans la maison, où un notable, ancien avocat, découvre la double vie de sa fille à l’occasion d’un assassinat.

Le bourreau pleure (Frédéric Dard)
L’auteur est surtout connu pour avoir créé le personnage de San-Antonio (série policière caractérisée par l’utilisation de l’argot dans le texte). Ici, on reste dans le genre du polar, mais dans un style plus traditionnel. Une enquête bien menée.

Bord cadre (Jean Teulé)
L’histoire d’un homme et d’une femme, la cinquantaine, qui se rencontrent et entament une histoire d’amour. Ils se sont rencontrés par l’intermédiaire d’un ami commun, qui pourrait bien avoir d’autres motivations que de rendre service à ses amis… Du même auteur, je recommande Le Montespan, récit d’inspiration historique qui raconte l’histoire du cocu le plus célèbre de France, sa femme étant devenue la maîtresse du Roi.

Malavita (Tonino Benacquista)
Un mafieux repenti et sa famille italo-américaine s’installent en France, dans le cadre du plan du FBI pour la protection des témoins. Le petit village qui les accueille ne va pas rester paisible très longtemps…
Il existe une suite, Malavita encore.

Au bonheur des ogres (Daniel Pennac)
Un auteur que j’aime beaucoup, c’est drôle et léger, un peu absurde.
Le résumé de l’éditeur, qui est très éloquent :
Côté famille, maman s’est tirée une fois de plus en m’abandonnant les mômes, et le Petit s’est mis à rêver d’ogres Noël.
Côté coeur, tante Julia a été séduite par ma nature de bouc (de bouc émissaire).
Côté boulot, la première bombe a explosé au rayon des jouets, cinq minutes après mon passage. La deuxième, quinze jours plus tard, au rayon des pulls, sous mes yeux. Comme j’étais là aussi pour l’explosion de la troisième, ils m’ont tous soupçonné.
Pourquoi moi ?
Je dois avoir un don…

Le soleil des Scorta (Laurent Gaudé)
Le livre raconte l’histoire des Scorta, sur plusieurs générations : une famille de Montepuccio, le destin de ses membres, la recherche de la richesse et de la dignité pour une lignée maudite.

La bulle de Tiepolo (Philippe Delerm)
Un critique d’art et une écrivaine se rencontrent à Paris, sur un marché où ils veulent tous les deux acquérir un tableau. Ils se retrouveront en Italie, toujours rapprochés l’un de l’autre par ce tableau qui recèle un mystère.

L’enfant de sable (Tahar Ben Jelloun)
Ecrivain marocain d’expression française.
Un homme sans héritier mâle décide d’élever sa huitième fille, qu’il prénomme Ahmed, comme un garçon. Le livre, inspiré de faits réels, raconte la vie de cette fille, sa quête d’identité.
Il existe une suite, La nuit sacrée.

Requiescat In Pace

Je viens d’apprendre le décès d’une de mes grands-tantes. J’irai à ses funérailles jeudi.

Quand j’étais enfant, avec mes parents, j’allais lui rendre visite chaque année le jour de l’An. Avec son époux, elle accueillait chez elle toute la famille qui était de passage. Nous ne restions pas des heures, juste le temps d’échanger quelques mots, de partager un moment autour d’un morceau de tarte et d’une tasse de café, puis de se souhaiter une bonne année.

Avec les ans, le gosse que j’étais est devenu un adolescent, puis un jeune adulte. Qui n’était plus obligé de participer à cette traditionnelle tournée des chapelles, et qui ne l’a donc plus fait. Conséquence ? Cette grand-tante, je l’ai croisée il y a peu, à l’occasion de l’anniversaire d’une autre grand-tante, et c’est à peu près tout. Pendant de longues années, je ne l’ai plus vue, comme je n’ai plus vu personne qui ne fasse pas partie de la famille très proche.

Est-ce un tort ? Je n’en sais rien. Toujours est-il qu’en fin de compte, je ne la connaissais pas vraiment. Tous mes souvenirs datent de l’enfance. C’est loin. Mais je sais que c’était quelqu’un de bien, qui mérite de partir avec les honneurs, entourée de sa famille et de ses amis. Je serai donc là pour lui dire au revoir, à défaut de lui avoir souvent dit bonjour.

Bureaucratie, mon amour ! (on ne s’en lasse pas)

Que je vous explique le contexte… Pour les travaux d’extension de notre maison, moi et Romu avons dû racheter la mitoyenneté du mur de la maison des voisins. Et le document signé par les deux parties doit être enregistré officiellement pour être vraiment valable. Jusque là, tout va bien.

Un beau matin (oui, un matin, parce que le bureau d’enregistrement n’est ouvert que de 8h à 12h, faudrait voir à ne pas risquer le surmenage), un beau matin, donc, je me rends d’un pas vaillant vers le bâtiment en question : devanture à peine visible, ascenseur branlant, murs ternes,… pas de doute, je suis à la bonne adresse. Je me rends donc à une sorte de comptoir, interpelle la dame qui semble attendre les visiteurs, mais qui reste pourtant plantée de longues secondes à son bureau avant de se déplacer vers moi et semble ne rien comprendre à ce que je lui dis. Quelque chose du genre : “Bonjour, je viens pour faire enregistrer un document concernant un rachat de mitoyenneté”. “Ah, c’est pour une mitoyenneté ?”, me répond-elle. Oui, de fait. Et la voilà qui refile la patate chaude (moi, donc) à un collègue qui, Dieu merci, me semble plus dégourdi.

Et là, deux surprises. D’abord, alors qu’il est précisé qu’on doit faire enregistrer un des trois exemplaires du document, il faut en fait en apporter deux : un pour laisser sur place et un pour reprendre avec soi. Bon, rien de mal fait, ils font une copie et me réservent l’original. Ensuite, le prix de l’enregistrement. Ce n’est pas un forfait, mais un pourcentage du prix d’achat de la mitoyenneté (dans notre cas, plus de 300 euros, tout ça pour mettre un cachet sur un bout de papier et le glisser dans un quelconque classeur). Bien sûr, je n’ai pas cette somme sur moi. Pas grave, on me donne un virement et on m’assure que le document dûment cacheté me sera envoyé par la poste dès réception du paiement. Ouf.

Sauf que… Sauf que près d’un mois plus tard, on n’a toujours rien reçu. Je retourne donc ce matin au bureau pour demander où ça a foiré. Le document a été envoyé, m’assure-t-on. Je n’ai rien reçu, dis-je. Qu’à cela ne tienne, vu que j’avais conservé un original, j’obtiens de la dame au guichet (très aimable et compétente, je tiens à la souligner) qu’elle mette un cachet sur cet original (que j’ai finalement été bien inspiré de conserver, soit dit en passant, même si ce n’est pas ce qui est prévu).

Au final, j’ai un duplicata, le bureau a une simple photocopie et le vrai original est quelque part dans la nature. La faute à qui ? Au bureau qui ne l’aurait pas envoyé à la bonne adresse ? Qui ne l’aurait pas envoyé du tout ? A la poste qui a perdu le courrier ? Pas sûr de connaître un jour le fin mot de l’histoire.

Et vu que l’info n’est pas facile à trouver, je la mets ici : si vous voulez faire enregistrer un document, notamment concernant une mitoyenneté, pour la zone de Liège, il faut aller au bureau d’enregistrement de Liège 1, Boulevard de la Sauvenière 90-92 (en fait, cette adresse est celle d’une agence d’intérim, la porte que vous cherchez se trouve à gauche de l’agence, dans un petit renfoncement où est fixée une plaque argentée avec le nom du bureau). C’est ouvert pendant la semaine, uniquement le matin. Vous entrez, vous prenez l’ascenseur au fond à droite. Pour savoir à quel étage vous devez aller, il y a un tableau manuscrit fixé au mur dans le hall d’entrée. Arrivé au bon étage, c’est plus ou moins fléché. Mais munissez-vous d’une boussole, on ne sait jamais…

Tag – semaine internationale du livre

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À l’occasion de la semaine internationale du livre :
Prenez le livre le plus proche de vous.
Allez à la page 56.
Copier la 5e phrase ; ne mentionnez pas le titre de l’ouvrage.
Faites tourner.

Bon, dans le livre le plus proche, la page 56 est vierge. C’est ballot. Je considère donc que la 5e phrase de cette page est la 5e phrase de la page suivante :

Richard found Jessica’s parents deeply intimidating, each in their separate ways.

Décrire l’oeuvre à partir de la phrase qui en est tirée :

L’histoire d’un homme tout compte fait plus à l’aise lorsqu’il crapahute dans les égoûts, affrontant mille périls aux côtés d’une sombre demoiselle en détresse, que lorsqu’il doit faire face à une vie, à des êtres dont la banalité est la plus sournoise des armes.

Chroniques BDGest’ – dernière fournée

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Voilà, les chroniques BDGest, c’est fini pour moi. A pu. Parce que moins de temps à y consacrer, moins de plaisir au moment de l’écriture, moins de lectures intéressantes, un rythme qui ne me convient plus… Plein de raisons qui en cachent une seule, la vraie : écrire une chronique, même à propos d’un bon album, ne m’intéresse plus. Ca me fait même chier grave. Donc j’arrête tout.

Voici donc les derniers papiers signés par moi sur le site :
La faute aux chinois
Spynest T1
Pour l’Empire T3
Voyage aux ombres
Hollywood 1910
Chico & Rita
Le club du suicide
Déluge T1

À retenir, trois albums seulement : le troisième tome de Pour l’Empire, qui clôture magnifiquement cette saga historico-onirique, Le club du suicide, une adaptation d’un recueil de nouvelles de Stevenson, qui vaut surtout pour son ambiance et son côté désuet, et le premier tome de Déluge, de l’anticipation pur jus.

Si je regarde en arrière, je me dis que mon activité de chroniqueur m’aura beaucoup apporté. Non seulement, j’ai rencontré et travaillé avec des gens formidables (Laurent, si tu passes par là, merci encore de m’avoir entraîné là-dedans), mais j’ai aussi pu m’exercer à l’écriture. Je suis sûr que ça m’aura servi pour mes études et mon boulot, du moins au début.

Le bilan, c’est quoi ? Première chronique écrite le 1er septembre 2003, à propos d’un one-shot au nom abscons (Agadamgorodok).

agadam

Dernière chronique écrite le 22 août 2011, justement à propos du T1 de Déluge.

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Je quitte donc notre troupe de joyeux drilles après plusieurs années et avec 306 chroniques au compteur.

Je suppose que ce n’est déjà pas si mal :-)

Locataires

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Hier, nous nous sommes enfin décidés à regarder un film dont Dame Marion nous avait prêté le DVD il y a un certain temps, voire un temps certain (grâce lui soit rendue) : Locataires, film coréen.

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Tae-suk est un jeune homme qui passe sa vie chez les autres. En journée, il colle des affiches publicitaires sur la porte des maisons. Le soir, il entre dans l’une des maisons dont l’affiche n’a pas été retirée et y passe la nuit. Il ne vole rien, il se contente d’y séjourner. Parfois même, il répare l’un ou l’autre objet dans l’habitation. Un jour, il est surpris dans son manège par Sun-houa, une belle femme apparemment maltraitée par son mari. C’est le début d’une relation particulière entre ces deux personnages.

Le film est très contemplatif : beaucoup de silence, de plans larges qui laissent le temps au spectateur de s’imprégner de l’ambiance, des émotions qui passent par les gestes, les regards. En fait, alors que les autres se démènent, s’agitent et s’écrient, eux deux ne disent rien, pas un mot, et pourtant leur personnalité s’esquisse, s’affine petit à petit. Une vraie performance d’acteur, époustouflante même, pour un film qui ne lasse jamais malgré un rythme plutôt lent et émerveille par le choix des cadrages, des musiques, et par la justesse du jeu des acteurs.