Vin sur vin – Liège

Quoi de mieux qu’un bon gueuleton pour se remettre d’une journée bien pourrie ? Mercredi soir, nous nous sommes retrouvés sans rien dans le frigo, et, vu l’heure tardive, les magasins étaient fermés. Qu’à cela ne tienne, la place du Marché toute proche regorge d’honnêtes gargotes qui n’attendaient que nous.

Nous avons porté notre choix sur le Vin sur vin, un bon petit restaurant installé dans une vieille maison rénovée avec goût. Jugez plutôt :

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Plutôt cosy, non ? La carte comprend de nombreux plats de brasserie (boulets, jambonneau, côte à l’os…), d’autres plus typiques. En entrée, Romu a pris les noix de Saint-Jacques aux chicons, sauce au noilly-prat, tandis que je tentais le foie gras poêlé à la liégeoise (poires rôties, coulis de sirop de Liège, cramique) : un régal ! En plat, les traditionnels rognons à la liégeoise pour tous les deux, un grand classique, toujours un vrai bonheur.

Et en dessert, me direz-vous ? Crème brûlée pour lui, délice à l’orange pour moi. Très bon, une fois de plus.

L’adresse, qu’elle est bonne :
Vin sur vin
Place du Marché, 9
4000 Liège
Tél. : 04/ 223 28 13
Site Internet

Où croûter à Amiens ?

Certaines villes, on passe à côté des dizaines de fois en revenant de vacances et on ne s’y arrête jamais. Et c’est dommage. Prenez Amiens, par exemple, il y a une superbe cathédrale et on peut y visiter les hortillonnages. Ce serait franchement dommage de passer à côté.

Et quitte à y rester un jour ou deux, autant en profiter pour se taper la cloche, non ? C’est ce qu’on s’est dit avec Romu. Alors, hop, deux adresses qu’elles sont bonnes, chers amis et néanmoins lecteurs…

Tout d’abord, Le Porc Saint Leu, petit restaurant spécialisé dans les préparations au cochon. En entrée, un croquant de jarret de porc pour Romu et une ficelle picarde pour moi. En plat, une entrecôté à la moelle pour lui et un cochon de lait grillé pour moi. Ajoutez un petit sorbet (bon, OK, j’ai pris trois boules) en dessert, et le bonheur est complet.

Le lendemain, rebelote au T’chiot Zinc, sympathique petit troquet à la mode d’antan : décor et musique vous renvoient dans la France de vos grands-parents ! Après des escargots en entrée, Romu a pris un tournedos au Maroilles, moi une entrecôte marchand de vin. En dessert, un sorbet copieusement arrosé de cointreau et le tour était joué. Ne restait plus qu’à digérer !

Tripaille de chenille lubilis de gomo gandje !

Alors que j’allais au festival de St Malo pour clôturer en beauté et en bonne compagnie ma “carrière” de chroniqueur, j’ai subi un lobbying aussi intense qu’éhonté pour que je chronique L’armure du Jakolass, une aventure du pauvre Valérian jeté en pâture à l’humour imbibé de Manu Larcenet.

Je vous livre ici le résultat de cet ultime tour de piste, avant de fermer définitivement la porte du salon des chroniqueurs, non sans un petit pincement au coeur…

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L’armure du Jakolass aurait aussi bien pu s’appeler Valérian chez Francisque. Certes, le fan de l’agent spatio-temporel créé par Christin et Mézières en aurait eu quelques sueurs froides, mais au moins aurait-il été préparé au tour joué par Manu Larcenet à son héros adoré.

Avec la bénédiction des pères spirituels de Valérian et Laureline, l’auteur du Combat ordinaire et de Bill Baroud, entre autres, est le premier à revisiter l’univers de cette série de référence en matière de science-fiction. Si le décalage est évident, le respect pour l’œuvre originale l’est tout autant. Entre délires éthyliques et missions aux enjeux plus que sérieux, blagues de potache et inventions dignes des meilleurs épisodes de la série, Larcenet trouve le juste équilibre, imposant sa marque sans se complaire dans le simple pastiche. En effet, tandis que le personnage de Valérian est malmené comme jamais auparavant, les autres sont fidèles à eux-mêmes, d’un Monsieur Albert au calme olympien à une Laureline délicieusement sauvageonne, en passant par des Shingouz au meilleur de leur forme, c’est-à-dire roublards comme personne et gentiment gaffeurs.

Ce genre de série parallèle peut parfois être considéré comme un travail de commande – il y a des précédents fâcheux – mais Larcenet fait montre d’une rigueur qui ne se dément pas et qui transparaît avant tout dans un dessin soigné aux petits oignons. Si les trognes des acteurs relèvent parfois de la caricature, les décors et autres visions intersidérales ne dépareilleraient pas dans un album à la tonalité plus sérieuse. L’auteur impose une ambiance oppressante qui, malgré la légèreté des dialogues loufoques qui ponctuent jusqu’aux scènes les plus réalistes, permet à l’intrigue de conserver toute sa crédibilité.

En fin de compte, L’armure du Jakolass est à la fois le meilleur Valérian paru depuis longtemps, rappelant l’âge d’or de la série, et un Larcenet du meilleur cru. Incontournable.

(Chronique initialement parue sur www.bdgest.com)